CERFS-VOLANTS DU CAMBODGE – OISEAUX DE PAPIER

Quand s’annonce la fin de la récolte du riz et que la saison du vent s’installe au mois de décembre, de drôles d’oiseaux de papier se disputent les airs. Symboles de paix et de bonheur dans la culture cambodgienne, on les appelle ici « Klèng » qui signifie cerf-volant.

On les voit virevoltants, combattants le vent et sifflants à tue-tête de jolies mélodies par-delà les rizières, les marais salants et les terrains vagues alentour.

Et oui, les cerfs-volants au Cambodge « chantent » et c’est d’ailleurs là leur grande spécialité ! Cette particularité est due à leurs arcs sonores (traditionnellement en bambou) – appelés « èk » en Khmer – et qui portent à leur extrémité une longue lamelle de rotin ou de feuille de palmier. Tenue par un fil à chaque extrémité, elle peut ainsi pivoter sur elle-même et produire de jolies mélodies.

 

L’ART TRADITIONNEL DU CERF-VOLANT AU CAMBODGE

Il faut savoir  que l’art traditionnel du cerf-volant, au Cambodge, remonte à l’ancienne civilisation Khmère (du XIe au XIIIème siècle) et prit fin en 1859 à la mort du Roi Ang-Duong. À cette époque, la pratique des cerfs-volants était faite à des fins religieuses, lors de cérémonies royales, durant lesquelles les Khmers faisaient voler des cerfs-volants munis d’arcs sonores d’où émanait des mélodies permettant aux bonzes de prévoir la sécheresse et les pluies à venir pour l’année.

Durant le règne du Roi Ang-Duong (1841 – 1860), des cerfs-volants étaient lancés, à des fins magiques,  par le Roi et ses mandarins aux esprits célestes. Et ce, tous les ans, lors de la pleine lune de novembre.

Malgré une utilisation qui remonte depuis le XIème siècle (même si des traces ont permis de dater sa pratique dès 400 ans avant J.C.), cet art traditionnel tomba dans l’oubli… jusqu’au jour où les nations d’Asie du sud-est organisèrent, au Cambodge et plus précisément à Koh Kong, le Festival International du Cerf-volant (2010) .

 

LA RENOMMÉE DU CERF-VOLANT DU CAMBODGE A TRAVERS LE MONDE

Depuis, les cerfs-volants et les cerfs-volistes du pays ont une renommée internationale.  C’est au travers de festivals et de concours internationaux comme, entre autre, en France, en Inde, en Chine qu’on les retrouve au-devant de la scène à la première et troisième place chaque année, pour leur son, leur apparence et la technique de les faire voler.

 

Dans les campagnes de Kampot et dans tout le Cambodge, les jeunes générations comme les anciennes n’ont jamais cessé de faire voler leurs magnifiques cerfs-volants, conçus pour la plupart par eux-mêmes, au petit matin ou à la tombée du jour. Et je vous invite à prendre le temps d’observer dans le ciel ces drôles d’oiseaux de papier glissant sur le vent et vous délivrant de jolies mélodies. Sans oublier de vous ravir du sourire de leurs « chefs d’orchestre » les manipulant avec dextérité et respect.

 

 

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