ÉLEVAGE DU VER A SOIE AU CAMBODGE, UNE HISTOIRE AU FIL DU TEMPS

Saviez-vous que l’élevage du ver à soie date de 2500 av. J.-C. ? Cette technique nous vient de Chine, où elle a été tenue secrète jusqu’en 560.

L’ART DE LA SOIE AU CAMBODGE

Au Cambodge, jusqu’au XXème siècle, l’élevage du ver à soie représentait une activité familiale destinée principalement à fournir les femmes en fils de soie. Après l’avoir tissé, elles s’en servaient pour confectionner leurs habits traditionnels tels que sarong ou encore le krama. À l’époque, cette activité domestique se devinait dans les villages par la présence de mûriers dans les jardins et d’une pièce d’élevage du ver à soie aux premiers étages des habitations.

Au fur et à mesure des années, l’élevage du ver à soie devint pour certains villages comme Takeo, Kampot, Kompong-Cham ou Kompong-Speu une spécialité à part entière. Ils se spécialisèrent dans la production d’étoffes de soie destinées à la classe citadine aisée de la capitale qui, de par son statut, ne s’abaissait plus à tisser. Cependant, dans les années 70, durant le régime Khmer rouge, cette pratique traditionnelle, comme bien d’autres, disparue totalement.

ÉLEVAGE DU VER A SOIE AU CAMBODGE OU LE RETOUR VERS UNE TRADITION

À ce jour, l’élevage du ver à soie peine à retrouver sa grandeur séculaire face à des concurrents aux techniques plus modernes. Néanmoins, quelques ateliers d’élevage du ver à soie et de tissage de la soie sont encore présents au Cambodge. Certains comprennent des magnaneries et des plantations de mûriers magnifiques à découvrir, notamment dans la région nord-ouest près de Battambang et Siem Reap (Golden Silk Farm, Angkor Silk Farm, Soieries du Mékong), sur l’Île de la Soie (Koh Dach) près de Phnom Penh ou encore dans le village de Cheung Kok près de Kompong Cham où l’activité y est encore familiale.

Ces magnaneries se trouvent dans des régions bien irriguées, situées le long des fleuves et des rivières, car la chenille a besoin d’une grande quantité de feuilles de mûriers à manger. C’est pourquoi, traditionnellement, l’élevage ne se pratique qu’en saison des pluies (de mai à novembre), quand les mûriers procurent des feuilles abondantes pour nourrir les vers.

VER A SOIE AU AU CAMBODGE – TOUTE UNE HISTOIRE DE PAPILLONS

À la différence du ver à soie d’Europe, de Chine, du Japon ou du Moyen Orient, le ver à soie du Cambodge – Dangkou(v) niaing en Khmer – est issu du bombyx mandarina et de quelques bombyx mori (ou bombyx des mûriers).

Le bombyx mandarina, à la différence du bombyx mori, est polyvoltin, c’est-à-dire qu’il peut produire jusqu’à six fois par an, au lieu d’une fois par an. Ses cocons sont reconnaissables car ils sont de couleur jaune, alors que les cocons du bombyx mori sont de couleur blanche.

Cocons bombyx mandarina élevage ver à soie

SERRICULTURE AU CAMBODGE

Cependant les vers à soie ne produisent pas de soie au quotidien, ce qui en élevage pose un problème majeur pour l’homme. Son intervention sera donc nécessaire pour parer à ce problème. L’éleveur devra faire preuve d’observation, d’expérience et de savoir-faire à un moment précis du développement de la larve, à savoir lorsque celle-ci est suffisamment grosse et prête à casser son abri de soie pour se métamorphoser en papillon.

Arrivés à ce stade, les paniers de battage où se trouvent les cocons de soie avec les chenilles à l’intérieur, seront mis à sécher en plein soleil pour brûler ces dernières afin d’obtenir de la soie en quantité. Seule 20% de la production restera en vie pour maintenir la reproduction du papillon. On procèdera ensuite au décoconnage des vers et enfin à l’étouffage des cocons pour aider les fils de soie à se détacher.

Panier de battage élevage ver à soie

LE VER A SOIE – DES ŒUFS A LA RÉCOLTE

Chaque élevage dure environ trente-cinq jours, de l’éclosion des œufs à la récolte des cocons. Il faut compter cinquante jours de l’éclosion des œufs à la ponte des œufs de la génération suivante. Une femelle pond 300 à 700 œufs d’où éclosent des vers qui, à l’âge d’environ trente jours après s’être repus de feuilles de mûriers, entameront leur transformation au sein de capsules en soie (soit au total 20 à 30 kg de cocons de soie).

Cycle de vie du bombyx élevage ver à soie

Saviez-vous d’ailleurs que la chenille de ver à soie peut tisser jusqu’à 1 km de fil qu’elle entrelace autour d’elle jusqu’à obtenir 30 couches environ ?

Sécrétion ver à soie élevage ver à soie

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur cette activité artisanale des plus raffinées, je vous invite à vous rendre dans les derniers sites d’élevage de ver à soie du Cambodge cités plus haut. Vous vous y sentirez comme dans un cocon. Mais promis, pas au point de finir grillé au soleil, ni mangé comme cela peut encore se faire au Cambodge !

 

 

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