FÊTE DES MORTS CAMBODGE – LES GÂTEAUX CÉRÉMONIEUX

Aujourd’hui au Cambodge c’est « Pchum Bem », la fête des morts. En cette occasion, les familles se retrouvent au grand complet chez elles pour festoyer et se rendent dans les pagodes pour prier à la mémoire des ancêtres disparus. Mais aussi pour apporter des offrandes aux moines, dont les fameux gâteaux cérémonieux khmers le « Nâm Ansom » et le « Nâm Kom » (« Nâm » est prononcé « nomm »).

Ces deux gâteaux sont représentatifs de cette fête des morts, mais aussi de la fête du Nouvel An Khmer et des cérémonies de mariages. Ils sont indissociables l’un de l’autre…pourquoi ? En voici l’explication.

 

LES GÂTEAUX DE LA FÊTE DES MORTS « NAM ANSOM » et « NAM KOM »

Quoique que les Cambodgiens soient majoritairement bouddhistes, cette religion a été grandement influencée par l’hindouisme à l’époque du roi Jayavarman 7. Et l’on retrouve ces influences au travers de  ces deux gâteaux de la Fête des morts car le « Nâm Ansom » est le symbole de l’organe de reproduction de Shiva (pénis), tandis que le « Nâm Kom » est le symbole vulvaire d’Uma (la femme de Shiva).

Leurs formes sont une représentation symbolique des organes génitaux masculins et féminins, ainsi que l’observance pour l’unité des hommes et des femmes. C’est la raison pour laquelle les deux gâteaux sont toujours associés.

On les retrouve, d’ailleurs, au sein des temples d’Angkor dont la pièce architecturale centrale, au sein de ces derniers, est un lingam placé au-dessus d’un yoni, une pierre cylindrique formée sur la base d’un carré.

Linga-Yoni

Linga-Yoni

COMPOSITION DES GATEAUX DE LA FÊTE DES MORTS « NAM ANSOM » et « NAM KOM »

On aura compris que ces gâteaux cérémonieux se diffèrent par leurs formes. L’un est cylindrique, l’autre pyramidale. Mais aussi par la nature de leur farce. Mais de quoi sont-ils faits ces gâteaux cérémonieux khmers ?  Ils sont tous deux composés de riz glutineux, farcis de diverses choses et enveloppés, pour l’un, dans des feuilles de bananier et pour l’autre dans des feuilles de rotin.

– Le « Nam Ansom » peut être salé et farci au porc. Une fois cuit, il est coupé en rondelles épaisses et préalablement débarrassé de ses feuilles de rotin pour être dégusté tel quel, froid. Ou bien, il peut être frit à la poêle et dévoré enveloppé dans des feuilles de laitue, accompagné de concombre et d’une profusion d’herbes aromatiques.

– Le « Nâm Kom » est sucré et farci à la banane écrasée (on utilise en général la variété de banane « namva ») et cuit dans un mélange rempli de noix de coco fraîchement râpée, de graines de sésame grillées et de sucre de palme. Le tout est enveloppé dans des feuilles de bananes. Une fois cuit, il est coupé en rondelles et dégusté tel quel, froid ou tiède.

L’un comme l’autre sont cuits à l’eau et sont consommés dans la foulée ou plus tard au sein des familles ou par les moines qui les ont reçus en offrande.

J’espère pour vous que vous aurez l’occasion d’en goûter car c’est délicieux !! Et promis, je vous transmettrai leurs recettes dans la rubrique « spécialités khmères » pour que les frustrés puissent les découvrir et pourquoi pas les déguster quoi qu’il en soit !!

Pour les chanceux, à vos fourchettes si vous croisez la route de ces deux gâteaux cérémonieux particulier !

En attendant, voici une petite vidéo de ma famille khmère qui m’a laissé les filmer pendant qu’il préparait des « Nâm Ansom ». Bon visionnage !

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